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Sam 23 Fév 2013 - 22:23

 
    






Il faut être à demi-fou pour m'inventer..
Jane & Aidan





















Once Upon a Time...

Prénom & Noms des participants : Jane & Aidan
Date où se déroule le sujet : 20 février (avant la rencontre avec Rumple donc)
Période de la journée où se déroule le sujet : après-midi
Météo : maussade.


Once Upon a Time...


Once Upon a Time
Neverland

>








Jane & Aidan
"A
s-tu jamais dansé avec le diable au clair de lune" murmurais-je tout en partant faire mon jogging ce matin là. J'aimais cette réplique de Nicholson dans Batman, j'aimais ce film et les acteurs qui le portaient et chaque fois que je me levais assez tôt pour voir la lune veiller sur nous dans le ciel immense, je ne peux m'empêcher de revoir des scènes de ce film, de revoir Kim Basinger dansant avec le Joker, échevelée, si belle, si naturelle. Un contraste esthétique pleinement travaillé, elle semble pure comme une colombe et lui ressemble au diable. Un film que j'aime beaucoup, l'analyse psychologique de Batman est intéressante mais plus que tout le personnage en lui même, d'un point de vue sociologique, est passionnant. C'est un super-héros, certes, mais contrairement aux autres il n'a pas besoin de magie, tout est rationnel, expliqué, scientifique, il est riche mais ce n'est pas un super pouvoir, il n'est qu'un homme normal, entrainé, acharné, bien équipé, mais qu'un homme normal. Même ses méchants, que ce soit le pingouin en redingote qui n'est qu'une erreur de la nature, le psychiatre fou qui devient l'épouvantail, Catwoman qui manie si bien le fouet et a pris un coup sur la tête, Mr Freeze, scientifique fou de douleur après avoir perdu sa femme ou Poison Ivy mutante étrange. La magie se mêle à la science pour créer des monstres fous dangereux, mais Batman lui n'est ni scientifique ni magicien.

Je songe à tout cela tout en courant sous le clair de lune, la nuit est dégagée et l'on peut voir les étoiles, du moins c'était le cas quand j'ai commencé à courir mais plus j'avance et plus le temps se couvre, j'ai même pu sentir un ou deux flocons dans mon cou. Je n'ai pas voulu rentrer, j'ai bien fait malgré un ciel qui passe peu à peu du bleu sombre de la nuit au blanc grisé d'un ciel neigeux les flocons ne tombent plus. Je souris légèrement, mon père adoptif m'aurait traité de bourriquet en me voyant ainsi courir sous un ciel menaçant, il me trouvait toujours trop têtu, quelque peu contradictoire dans l'âme par moments, il disait que c'était ma façon de faire fuir les gens. Il avait sans soute raison, il avait souvent raison, sauf quand il disait que les caniches étaient distingués, je trouve ces animaux là moches et hargneux. L'un de ses amis en avait un, un caniche blanc au port altier, fier d'être ce qu'il était, et pourtant un jour qu'il s'était sauvé c'est moi qui l'ai retrouvé, suivant une piste macabre, j'avais choqué mon père en disant au chien : "Pour te trouver c’est facile, il n’y a qu’à suivre les cadavres de rat.". Je me demande encore si c'était à cause des cadavres de rats ou du fait que je parlais à un chien. Mais j'ai grandi dans une ferme, dans un monde où la technologie n'existait pas et où pour se débarrasser des rats on avait des chats qui déposaient leur chasse devant le lit, comme une offrande. Dans un monde où pour boire du lait il fallait traire une vache, ce qui se faisait à la main. J'ai vu ce qu'ils faisaient aux vaches dans ce monde ci, pauvres bêtes. J'ai grandi dans un monde où les langes des bébés ne se jetaient pas et où ils n'avaient pas de bavoir mais de bêtes serviettes. J'ai grandi dans un monde bien différent.

A force de me perdre dans mes pensées j'ai perdu la notion du temps, la luminosité est trompeuse et c'est en regardant ma montre que je me rends compte que je vais être en retard, j'allonge mes foulées et rentre à la maison pour me doucher et aller au travail. L'hopital m'a engagé depuis deux jours seulement et j'ai déjà des patients qui m'attendent, j'ai eu des rendez-vous très rapidement, je débute aujourd'hui avec mon premier patient et j'ai hâte d'y être, j'aime beaucoup le métier que j'ai choisi, même si je ne le pratique pas constamment, mes déplacements m'en empêchant. Mais peut être que, puisque je vais me poser un peu ici, je vais pouvoir m'y consacrer plus pleinement.

J'arrive peu après mon premier patient qui m'attend déjà impatiemment, je ne suis pourtant pas en retard, mais il est en avance, anxieux de me découvrir, anxieux d'être aidé, de trouver une solution à tous ses soucis. Les gens ont souvent cette attente envers nous, ils espèrent qu'en une heure l'on règle tous les problèmes qui les habite, je leurs dis souvent que si nous étions capable de cela nous nous réunirions tous et en une semaine nous aurions éradiqué la guerre, la maladie, la faim dans le monde et la pauvreté. La plupart du temps ils comprennent, mais certains deviennent agressifs quand ils sont déçus et leur expliquer que nous ne faisons pas de miracles mais que le travail est à leur charge peut se montrer difficile.

Je fais donc entrer le patient qui vient pour un grand dilemme personnel, il a vu une des caissières du magasin qu'il dirige voler dans al caisse. Il sait qu'il devrait al virer mais il la trouve jolie et n'en a donc pas envie, alors qu'il est marié. Il trouve pourtant que garder cette jeune femme est une bonne chose, la pauvre a sans doute des difficultés etc etc. Je 'lécoute argumenter pendant presqu'une heure avant de finalement donner mon avis qu'il insiste pour avoir malgré mes refus. Je reste assez neutre toutefois :
"Une bonne décision prise pour de mauvaises raisons devient une mauvaise décision"
Il a semblé soulagé et a hoché la tête, buvant mes paroles comme si j'étais Confucius en personne et la séance se terminant nous nous sommes séparés.

J'ai vu deux ou trois autres patients ce jour là, surtout pour faire connaissance, la relation qui s'établit entre un patient et un psychologue est importante, rare sont les patients qui se livrent dès le premier rendez-vous, ils essayent au contraire d'en savoir plus sur vous, pas sur vous en tant que médecin, mais sur vous en tant que personne, êtes-vous de ceux qu'ils aimeraient appeler ami, ou non ? Peuvent-ils vous faire confiance ? En vous confiant leurs secrets ils vous donnent une arme puissante contre eux, un grand pouvoir, ils doivent être surs qu'outre la loi votre morale vous empêche d'en faire usage contre eux. Cette phase prend généralement un ou deux rendez-vous, ensuite ils ont besoin de parler, de s'exprimer.

Cet après-midi ma première patiente est une jeune femme, Jane Black, je ne sais pas exactement pourquoi elle vient me voir, cela semble être la première fois qu'elle consulte et je n'ai donc pas de dossier à son nom, aucune information, aucun préjugé, c'est une page vierge à remplir donc. Je prends un nouveau carnet, j'en ai par patient, cela leur montre qu'ils peuvent s'épancher sans souci, j'ai de la place, ce qui leur fait comprendre que j'ai du temps et que je me soucie d'eux, que je ne fais pas ça à la va-vite, que je n'ai pas de feuilles volantes pouvant se perdre, se mélanger. Un carnet par patient cela les rassure. Je note le nom de la patiente à venir, l'heure et la date du rendez-vous et je lève la tête à temps pour la voir passer la porte, je la salue et lui fait signe de s'asseoir face à moi dans un fauteuils confortable et enveloppant, un cocon rassurant que mes patients apprécient. Je suis moi-même assis dans son exacte réplique.

Je l'observe tandis qu'elle avance, je me suis levé pour la saluer, elle fait à peu près ma taille, jeune, de grands yeux rêveurs des cheveux blonds un sourire aimable, elle est jolie, elle doit avoir du succès auprès des garçons de son âge. Je me présente et m'installe dans le fauteuil qui m'est réservé.

"Enchanté Mademoiselle Blake, je suis le docteur Cillin mais vous pouvez m'appeler Aidan"

J'ai constaté que les patients aimaient se sentir proche de leur thérapeute, et tant que cela ne dérive pas en relation étrange où en une forme d'amitié trop développée, ou pire d'amour, j'aime laisser s'installer une telle intimité, même si je ne les appelle par leur prénom qu'à leur demande.



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Dim 24 Fév 2013 - 10:18

 
    





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Jane & Aidan


ONCE UPON A TIMERPG.

C'était l'un de ses jours que Jane n'appréciait pas particulièrement. Elle s'était réveillée au matin, apperçevant de sous sa couette le ciel gris. Un temps maussade, rempli d'humidité se préparait. Ce qui correspondait parfaitement à son humeur du jour : mélancolique.

Jane s'était levée de bonne heure ce jour là pour se rendre à l'hopital. Depuis quelques temps maintenant, elle dormait plutôt mal, ses rêves hantés d'images étranges à l'aspect un peu trop réel à son goût. C'était la première fois que la jeune fille était aussi stressée par un rendez-vous médical, n'ayant encore jamais consulté de psychologue. Elle avait cette peur sourde au fond d'elle de passer pour quelqu'un de fou, de dérangé, de cinglé, à ne surtout pas fréquenter. Déjà, qu'elle se sentait seule, perdue et un peu à part, elle n'avait surtout pas envie de renforcer ce sentiment.

Elle avait pris son temps pour se préparer, soignant particulièrement sa tenue. Naturellement, elle était quelqu'un de très soignée, d'élégante, mais la peur incohérente provoquée par ce premier rendez-vous ne trouva de soulagement que dans ce processus assez long de préparation. Enfin prète, la jeune fille enfila une longue cape noire par dessus sa tenue pour se couper de l'humidité du temps et sortit de la grande maison esseulée près de la limite de la ville.

Bien entendu, Jane arriva avec un bon quart d'heure d'avance à l'hôpital. Elle fût introduite par une gentille infirmière dans la salle d'attente où elle s'assit. De nature calme et posée, elle ne trouva pas le temps long et observa de son grand regard rêveur un petit garçon qui jouait non loin. A l'heure convenue du rendez-vous, elle fût autorisée à entrer dans le cabinet du docteur Cillin.

**

Devant la porte, Jane souffla lentement, calmant les battements précipités de son cœur. Elle avait encore plus l'impression d'être dérangée, ce qui emplit ses yeux d'une peur muette. Pourtant, d'un geste large, elle ouvrit le battant de bois et se présenta au psychologue. Après tout elle était venue chercher du réconfort -et des calmants pour pouvoir dormir-, ce ne serait pas maintenant qu'elle flancherait. Non. Jane ne se l'autorisait pas.

La première chose qu'elle fit en entrant dans le cabinet, se fût d'adresser un sourire à l'homme assis dans un large fauteuil. Elle lui sera la main qu'il lui tendit et apprécia particulièrement le timbre de sa voix, chaleureux, qui la mit de suite à son aise :

« Enchanté Mademoiselle Black, je suis le docteur Cillin mais vous pouvez m'appeler Aidan. »

Jane hocha la tête, pour l'instant muette et s'installa dans le fauteuil en face de lui. Elle ôta d'un geste graçieux sa cape, dévoilant une robe au bustier blanc et au jupon bleu, qui lui allait particulièrement bien. Quand la jeune fille prit la parole, elle s'exprima d'une voix claire, posée, harmonieuse :

« Alors appellez moi Jane. Merci pour ce rendez-vous, je l'ai pris un peu à la dernière minute mais.. »

Elle haussa les épaules ne terminant pas sa phrase. Ne sachant pas vraiment quoi dire, elle laissa son regard clair dévier sur la décoration de la pièce, analysant avec lucidité chaque détail. Puis elle se concentra sur Aidan -qu'elle trouva au passage plutôt beau garçon- qui semblait très à son aise dans ce cabinet.











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Dim 24 Fév 2013 - 18:18

 
    

Jane & Aidan
"U
n sourire rassurant aux lèvres je la regarde s'asseoir, elle semble mal à l'aise, ce qui est assez classique. A quelques rares exceptions près de gens ayant plusieurs psychologues qui les suivent pour mieux pouvoir raconter leur vie car ils en ont un besoin quasiment pathologique, la plupart des gens sont effrayés, mal à l'aise à l'idée de se confier à un thérapeute. C'est naturel, se confier est un acte de foi et comment avoir foi en un inconnu, même s'il possède des diplômes, un joli cabinet avec vue sur la forêt et un sourire rassurant ?

"Enchanté, Jane, et ne vous en faites pas, c'est souvent à la dernière minute que les rendez-vous sont pris. C'est une démarche difficile que de venir me voir"

Je lui propose du thé tout en sortant mon carnet que je pose sur la petite table enter nous, fermé, le stylo à coté.

"Voilà ce que je vous propose, aujourd'hui nous faisons connaissance, un simple rendez-vous autour d'un thé, comme si nous étions deux personnes présentées par un ami commun qui pense que nous pourrions devenir amis."

Tout en parlant je la regarde dans les yeux pour lui montrer ma sincérité. Elle a des yeux magnifiques, de vraies fenêters ouvertes sur son âme, des yeux cernés cela dit, elle dort mal donc, cela pourrait expliquer qu'elle ait voulu me rencontrer, l'insomnie peut vite devenir réellement handicapante voire insupportable. On dit souvent que l'homme a besoin de respirer, e manger et de boire mais il a également besoin de dormir, sans quoi le cerveau finit par cesser de fonctionner correctement, à tel point que les ordres basiques tels que "respire" ou "bats" aux poumons ou au coeur ne sont plus envoyés, ce qui conduit à la mort. Certes on peut rester plus longtemps sans dormir que sans manger, mais si l'on ne dort réellement pas, pas du tout, on finit par en mourir.

Fort heureusement la plupart des patients souffrant d'insomnie dorment, mal, peu, pas assez profondément, mais ils dorment malgré tout assez pour garder des fonctions vitales basiques, par contre cela joue sur la chimie du cerveau, surtout si le sommeil paradoxal vient à manquer, on devient irritable, paranoïaque, désagréable, agressif même parfois mais plus généralement dépressif et suicidaire. En effet le sommeil paradoxal ne met pas le cerveau en repos, il lui permet de réfléchir sur des problèmes de fond sans être gêné par tout le monde qui nous entoure, il nous permet donc de trouver des solutions à nos problèmes. LA nuit porte conseil dit le dicton et c'est assez vrai. De fait si l'on ne parvient pas à ce sommeil paradoxal on a plus de mal à trouver des solutions à nos soucis ce qui contribue à nous donner l'impression que l'on est débordés, impuissants, inutiles et donc nous conduit à une attitude suicidaire.

Certes la jeune femme en face de moi ne semblait pas en être là. Elle avait, manifestement, choisi sa tenue avec soin, sa robe bleue et blanche, ses chaussures, sa coiffure, tout allait ensemble et tout créait l'image d'une jeune fille sage, bien élevée, parfaite en tout point. Etait-ce là le souci ? Un besoin de contrôle exacerbé ? Peut être des parents exigeants ? J'aimais ces premiers rendez-vous, j'en étais réduit à deviner des choses et, comme je n'étais pas Sherlock Holmes, je me trompais souvent, mais j'aimais cette incertitude, cette découverte.

D'ailleurs mon cabinet, pourtant assez impersonnel pour que tous puissent s'y sentir à l'aise, recelait quelques références à Sherlock Holmes. Outre toute l’œuvre de Conan Doyle sur les rayonnages de la chaleureuse bibliothèque en bois sombre on pouvait voir un portrait de ce dernier dans un cadre près de la porte. La plupart des meubles étaient d'inspiration victorienne par ailleurs, c'était une époque où la chaleur et l'intimité étaient de mise.

Bien sur l'on trouvait aussi quelques fleurs dans un vase sur un guéridon près de la porte, un bureau en désordre avec des livres ouverts dessus, mais aucun de ces carnets dans lequel j'écris, bien sur. si je veux donner une impression de chaleur, d'un environnement humain, habité, réel et sortant de l'ordinaire aseptisé de l’hôpital, je ne veux pas pour autant sembler désordonné ou laisser l'impression à mes patients que leurs secrets pourraient ne pas être en sécurité avec moi. Un meuble de bois sombre s'ouvrant avec un panneau déroulant, de taille impressionnante, occupe un coin de la pièce, c'est là que se trouvent mes carnets. Le meuble ferme avec une clef dont j'ai le seul exemplaire et avant qu'un patient ne parte je range, devant lui, le carnet dans le meuble, afin de lui montrer que ses confidences sont à l'abri.

Revenons à Jane qui semble si mal à l'aise, j'ai proposé de faire comme si nous nous rencontrions et je commence donc la conversation avec un sourire complice :

"Donc, puisque Machin pense que nous devrions nous entendre...Je suis Aidan, j'ai 28 ans et je suis psychologue....Oui, je sais, ça sonne étrange comme métier mais j'aime bien, ça me permet d'aider les gens. Et vous Jane, que faites-vous dans la vie ?"

Une conversation banale, pas d'intimité, c'est souvent ainsi que commence une relation avec un patient, même si parfois certains sont plus directs que d'autres. J'attends d'en apprendre plus sur elle, de voir ce qui se cache derrière ce masque de petite fille modèle et sage, de parfaite adolescente américaine. Il faut se méfier de l'eau qui dort, pas parce qu'elle est sournoise comme semble le dire le dicton mais parce que quand elle finit par s'ennuyer, ce qui arrive immanquablement, quand elle se rend compte qu'elle passe à coté de trop de choses, elle va trop vite, trop loin, et risque de se perdre, ou de blesser certaines personnes, ou elle-même.





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Dim 24 Fév 2013 - 19:11

 
    





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Jane & Aidan


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Jane prit son temps pour observer le psychologue, habitude qu'elle avait pour se rassurer. Elle remarqua d'abord la fossette sur sa joue gauche quand il souriait, puis ses cheveux où se reflétait la lumière. D'ailleurs à cet endroit même, ils semblaient plus clairs, plus nuancés encore. Cette nuance adoucissait la machoire carrée d'Aidan. La jeune fille remarqua que, tout dans sa posture, indiquait un homme sûr de lui, mais aussi très doux, très attentif. Elle eut un sourire discret, un peu timide, signe qu'inconsciemment, elle l'appréciait déjà.

Quand Aidan posa devant elle le service de thé, elle eut une drôle de réaction. Soudain et pendant une fraction de seconde, elle eut l'air d'hésiter, coupée en deux. Une étincelle s'alluma dans le fond de ses yeux avant de s'éteindre aussi brusquement qu'elle était apparue. Ce genre de réaction lui arrivait de temps à autre, mais la jolie demoiselle n'en avait jamais conscience. Elle ne gardait en mémoire qu'une impression de déjà vu qui disparaissait presque aussitôt. Une seconde plus tard, Jane ne quitta pas son sourire, appréciant visiblement beaucoup le thé par le sourire accompagné d'un mouvement de tête qu'elle adressa au psychologue.

La proposition de faire d'abord connaissance avant de se confier la rassura quelque peu. Mais elle lui sembla aussi étrange : Jane ne savait pas vraiment si elle avait envie de connaître Aidan, aussi simple soit-il. Au contraire, ne risquait-il pas de la prendre par la suite plus pour une folle ? Elle sentait qu'à chaque regard posé sur elle, l'homme l'analysait, voyait ses failles, lisait tout simplement en elle comme un livre ouvert. Pourtant, plus le temps passait dans le cabinet, plus elle se sentait à l'aise. Ce qui était assez paradoxal finalemment.

Jane s'enfonça un peu plus dans le fauteuil moelleux, tirant sur la robe d'un geste automatique. Elle était ce genre de personne à vouloir tout contrôler dans sa vie. Sinon elle se sentait couler, complètement livrée à la dérive. La manière dont elle s'habillait, la manière dont elle se tenait renvoyait cette image d'elle. Mais il y avait aussi quelque chose dans son regard, cette façon qu'elle avait de détailler chaque chose autour d'elle, tout en paraissant écouter chaque bruit. Comme si.. Comme si elle était insconsciemment aux aguets. Comme si elle attendait quelque chose qui n'arrivait pas.

Un nouveau sourire naquit sur son visage quand elle l'entendit se présenter aussi simplement. Elle eut vraiment l'impression qu'il faisait tout pour la mettre à l'aise, qu'ils s'étaient vraiment rencontrés comme cela. Et pas pour qu'elle vienne lui raconter tout ses petits secrets et ses rêves, si lourds et si pesants.

- Je suis Jane. J'ai dix ans de moins que vous, dit-elle dans un rire léger. Donc 18 ans. Et je suis des études de droit par correspondance. Il n'y a pas d'Université ici. .. Je fais de l'escrime aussi ! .. Et j'aime beaucoup le thé.

Jane le regarda, ses grands yeux rêveurs pétillant de malice. Elle se prenait à ce petit jeu, appréciant cet instant même éphémère de complicité. Peut-être qu'elle avait eut une bonne idée en prenant rendez-vous avec le docteur Aidan Cillin finalement. Sa journée s'annonçait bien mieux qu'elle ne l'avait espéré.











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Sam 2 Mar 2013 - 21:42

 
    

Jane & Aidan
"D
e l'escrime ? Voilà une occupation fort intéressante, j'ignorais même qu'on en avait un club à StoryBrooke...."

Je souris, l'escrime est un art martial, certes mais aussi un art de contrôle, de maitrise, c'est intéressant qu'elle ait choisi un tel sport, c'est très différent de la boxe, du judo, du karaté, on n'entre pas en contact avec l'adversaire, on en reste même à une certaine distance. Et si la boxe symbolise la sauvagerie, l'agressivité, le Judo symbolise une certaine zenitude et le karaté une maitrise de soi et de son corps, l'escrime elle est l'art de la chevalerie, de la grâce, presque une danse finalement. Un art peu pratiqué au demeurant, ce n'est pas le premier sport auxquels pensent les adolescents de nos jours.

"Il faut dire que je ne suis arrivé que depuis deux mois, je n'ai pas encore découvert tous les secrets de StoryBrooke, loin de là. Mais cette ville me semble très accueillante, sympathique."

Enfin je me sentais capable de m'installer, de me poser quelque part, depuis la mort de mon père adoptif j'avais perdu cette envie, ce sentiment d'être à ma place. Cet univers n'est pas le mien et pendant un temps j'avais laissé cette idée m'envahir, m'obséder, devenir mon quotidien.

"Et des études de droit, impressionnant, j'ai cru comprendre que c'était assez compliqué."

Les avocats, les procès, c'était propre à cet univers, à Neverland on brulait les sorcières, ou celles qu'on accusait de l'être, on coupait la main des voleurs présumés ce qui leur évitait de récidiver ou de songer à commencer, on lapidait les filles mères...Bref on ne s'embêtait pas avec les droits de l'homme. Les enfants travaillaient au champ très jeune, l'école n'existait pas, on était coincé dans sa classe sociale. Ici ils essayaient de ne pas l'être mais la vérité c'est que partout, magie ou pas, l'argent dirige le monde. Le nom est important, à Neverland de par sa noblesse ici de par sa richesse. Et quoiqu'on fasse on est le fils de. J'étais le fils du lâche, de celui qui n'avait pas su secourir sa femme, puis j'étais devenu le fils du monstre, le fils du Ténébreux, celui dont on ne s'approchait pas.
On est toujours le fils de quelqu'un et cela nous poursuit....C'est même encore pire si l'on est le fils de personne.

Je sers deux tasses de thé et lui tend l'assiette de scones pour qu'elle puisse se servir, un thé à l'anglaise dans le service de porcelaine de mon père adoptif, un service ancien qui lui vient de sa grand mère je crois, ou de son arrière grand mère, il ne savait plus trop. Un héritage familial qu'il a tenu à me laisser, un geste symbolique. Il savait à quel point cela me toucherait, à quel point cela serait parlant pour moi. Plus que tout autre chose ce service familial qu'il m'a légué me montrait son amour, me montrait que j'étais son fils.

"Quant à moi je ne suis pas vraiment un grand sportif, mais je cours un peu, parfois.....En fait, j'avoue, c'est plus pour fuir mes soucis que pour le sport. C'est reposant de courir, ça fatigue le corps mais laisse l'esprit divaguer."

Je bois une gorgée de thé et sourit légèrement avant de continuer la conversations sur un ton léger, je prends soin d'éviter les sujets personnels et de rester dans un domaine neutre, si nous devons parler d'elle, vraiment, ce sera à elle de le dire, de se sentir prêtre. On ne peut pas bousculer les confidences, il est important que la personne qui les fait se sente à l'aise et parfois cela prend du temps.

"J'adore lire aussi, j'aime particulièrement les romans policiers, j'adore essayer de trouver l'assassin avant la fin....bon j'avoue, je suis nul à ce jeu, surtout sur des Agatha Christie ou des Sherlock Holmes....Mais j'aime essayer, imaginer des scénarios fous qui expliqueraient pourquoi l'assassin serait untel et comment il aurait fait. Et vous ? Vous aimez lire ?"

La question pouvait sembler anodine mais de moins en moins de jeunes lisaient, ils préféraient regarder des films, c'était moins fatiguant. De fait votre cerveau n'avait alors pas à se fatiguer à imaginer la scène puisqu'un autre s'en était chargé à votre place. C'était donc moins fatiguant, mais le cerveau a besoin de se fatiguer. De plus il était prouvé que regarder un écran trop longtemps déclenchait une baisse de la sérotonine une hormone favorisant l'endormissement et un sommeil réparateur. Bref regarder un écran toute la journée était malsain, lire toute la journée était très différent. On ne peut pas lire et grignoter du pop corn en même temps par exemple, pas si le livre est prenant en tout cas. Et lire favorise le sommeil....Sauf si le livre est génial. Combien de fois avais-je posé mon livre en regardant l'heure déjà matinale et en me disant "ça suffit ! je dors ! je lirais la fin demain" avant de tourner dans mon lit jusqu'à ce que la curiosité l'emporte sur la raison ? Dans ce monde sans magie l'imagination n'avait pas de limites. Ils créaient des chocolateries géantes aux cascades mousseuses, des planètes habitées à des millions d'années lumière, des géants, des dragons, des magiciens et des animaux qui parlent, des nymphes et des Dryades, des sirènes et tant d'autres choses encore. Des choses qui existaient dans mon univers, et d'autres qui existaient, sans doute, dans d'autres univers, allez savoir. J'aimais à penser que l'imagination humaine faisait tout mais peut être que les écrivains n'imaginaient pas, peut être qu'ils avaient, comme moi, voyagé d'un univers à l'autre. Peut être un jour écrirais-je un livre sur Neverland et ses merveilles....Allez savoir.


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Dim 3 Mar 2013 - 10:47

 
    





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Plus le temps passait, au sein du cabinet d'Aidan, plus Jane se sentait définitivement à l'aise. Un peu plus enfoncée dans le fauteuil du praticien, elle continuait de détailler chaque objet du coin de l'oeil tout en l'écoutant. Le diplôme accroché au mur, précieux par son attestation des compétences du psychologue, arracha quand même un fin sourire à la jeune fille. Elle pensa vaguement que même s'il n'était pas qualifié, les gens viendraient dans son cabinet. Dès les premières secondes, Aidan avait sût mettre Jane à l'aise. Elle se sentait écoutée, en confiance, dans cette douce chaleur de la petite pièce. Elle en oubliait presque les raisons de sa venue.

Pourtant détendue, le sourire de Jane disparu un peu trop brusquement quand elle entendit Aidan annoncer la date de son arrivée. « Deux mois ». Deux mois qu'il avait passé la frontière de cette ville. Il semblait à Jane que son cerveau s'embrouilla, quand elle à son tour, essaya de se rappeler de son arrivée ici. Elle fût obligée de constater que l'exercice était vraiment trop difficile, comme si un voile fin obstruait tout ses souvenirs. Pourtant, elle savait qu'elle n'était pas née ici. Elle était originaire de Londres, était arrivée ici avec son père dans une voiture hors de prix, et s'était installée dans l'une des grandes maisons à la lisière de la forêt, les mêmes qui bordaient la limite de Storybrooke. Mais quelque chose n'allait pas dans ses souvenirs, elle avait l'impression qu'ils étaient incomplets, à la fois trop lointain et trop proches. Est-ce que sa sœur aînée était présente à ses côtés ce jour là ? Quelle âge avait-elle d'ailleurs à cette époque ? Était-elle encore une enfant ? Ou était-ce récent ? Un mois ? Deux ans ? Plus ? Et avant ? Que c'était-il passé avant ? Jane ne savait plus et un puissant mal de crâne commença à s'emparer d'elle.

La jeune fille tira une nouvelle fois sur sa robe, geste mécanique pour la remettre en place, mais aussi signe de gène et de contrariété. Quand elle reposa son regard clair sur le psychologue, elle avait l'air à la fois agacée, perdue, mais ne perdait pas pour autant le calme de son air doux et rêveur. Elle retrouva rapidement le sourire à l'entente de la phrase admirative d'Aidan à propos de ses études. Il était vrai que Jane s'était attelée à une lourde tâche en choisissant cette voie. Mais, ça la passionnait. Et quelque chose au fond d'elle l'avait poussée dans cette direction. Jane refusait l'intolérance, le non respect des droits, la tyrannie et tout ce qui était un obstacle à une vie seine et heureuse. Battante dans l'âme, elle se devait d'aider les gens sur son chemin. Alors en plus de ses études, il lui arrivait d'aller faire du bénévolat à l'école de Storybrooke, d'aller aider les Soeurs ou de passer au bureau du Shérif avec son mentor, Mr Gold.

- Une fois qu'on est dans cette branche, ce sont vraiment des études passionnantes, dit-elle dans un sourire. Et il faut dire que je suis plutôt bien aidée par les personnes qui m'entourent. Cette ville offre des opportunités dans bien des domaines. Beaucoup plus qu'on ne le pense.

Quand Aidan lui tendit une tasse de thé, Jane le lui prit des mains avec douceur, le remerciant d'un sourire un peu plus prononcé. La jeune fille était vraiment quelqu'un de très doux, dont chaque geste semblait actionné par la grâce. Ses yeux rêveurs, bien qu'un peu mélancoliques, accompagnaient son visage calme. Elle paraissait être entourée d'une aura de fragilité, doublée d'un on-ne-sait-quoi d'étrangement plus robuste, de plus fort.

Elle laissa d'abord l’arôme du thé lui monter jusqu'aux narines, dont elle s’imprégna toute entière. Puis, elle s'attarda sur la tasse fine entre ses doigts. Le travail était vraisemblablement remarquable. La porcelaine, précieuse, était travaillée avec légèreté, ciselée sur l’anse. Les motifs pâlis par le temps avaient été travaillés d'une main experte, et les fines arabesques peintes rappelaient un peu certaines broderies artisanales anglaises. Jane releva le regard sur Aidan et murmura, les yeux brillant de malice :

- Un Earl Grey, dans un service datant approximativement de 1890. Le service a été produit en édition limité à quelques dizaines d'exemplaires par les magasins Harrod's de Londres. Une pure merveille. Vous avez très bon goût monsieur Cillin. .. Pardon, Aidan.

Jane secoua ses longs cheveux blonds, ravie de tenir dans ses mains cette tasse de thé et encore plus quelque chose de si précieux. Elle se sentait comme une enfant devant un jouet insaisissable et beaucoup trop rare.

Aidan capta son attention en parlant des livres et en lui posant cette question : « Et vous ? Vous aimez lire ? ». Oui, Jane aimait lire. Beaucoup, énormément. Elle pouvait passer des heures dans la bibliothèque de sa maison, la tête plongée dans quelques romans ou récits d'aventures. Quand elle commençait un livre, il était bien rare qu'elle puisse s'arrêter avant la fin, happée par le contenu et la magie qu'elle y trouvait. Source de réconfort, ils étaient son remède pour pouvoir s'endormir sans crainte de la venue d'un des rêves qui hantaient ses nuits... Bien qu'ils n’empêchaient finalement par leur arrivée. Aussi, avec ses études, l'escrime et les quelques activités qui remplissaient ses jours, Jane avait de moins en moins le temps de lire, ce qu'elle jugeait vraiment dommage.

- Oui, j'aime beaucoup lire. Mais je dois dire que je suis plus sur les romans de sœurs Brontë ou sur ceux de capes et d'épées. J'aime bien les romans policiers aussi, mais.. Moins. Je pense que j'aime plus trouver dans mes lectures de quoi m'évader.

Un instant pensive, Jane bût une gorgée de thé, appréciant le liquide brûlant qui descendit dans sa gorge. Fleur bleue, elle aimait les romans un peu plus sentimental, ceux qui parlaient d'un autre temps, ou l'Amour avec un grand A existait. Alors il était presque logique qu'elle s'identifie au personnage passionné et pourri de Catherine dans les « Hauts de Hurlevent ». Elle ne lui ressemblait en rien, c'était certain, mais elle comprenait son besoin de protéger et de garder son véritable amour. Comme si.. Elle avait déjà dû le faire.











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Jeu 7 Mar 2013 - 21:19

 
    

Jane & Aidan
E
t en plus elle connaissait et appréciait le thé et les services à thé. Etonnante cette jeune femme, vraiment. Je souris légèrement et hoche la tête :

"Moi j'en doute mais mon arrière grand père adoptif sans doute, c'est un héritage familial de la famille qui m'a adopté."

Il n'était pas rare que je mette cela sur le tapis en consultation. D'une façon étrange cela rassurait les patients de savoir que j'étais comme eux, que je n'étais pas parfait. Notez que cela dépendait des patients, certains avaient besoin de me voir comme un être humain, faillible, imparfait, ayant subi des épreuves, d'autres préféraient m'imaginer comme une entité supérieure, omnisciente, cela les rassurait sur la qualité des conseils que je pouvais leur donner. Comme si, n'ayant jamais rien raté, selon eux, dans leur imaginaire, je pouvais me poser en sauveur, en juge, en conseiller. D'autres au contraire n'accordaient ce droit qu'à ceux qui, comme eux, avaient souffert dans la vie, avaient traversé des épreuves et vécu réellement. C'était intéressant de voir comment ces derniers se relevaient plus facilement, voyant en l'épreuve non pas le poing qui vous met KO mais le mur qui vous aide à vous relever ensuite.

"Je n'ai pas lu les romans des soeurs Brontë, il faudra que je m'y essaye, d'autant que je les ai je crois. J'avoue que j'aime voir dans mes lectures des énigmes à résoudre."

Et puis la littérature fantastique me rappelait mon univers natal, la littérature historique me parlait d'un monde qui n'était pas le mien, la science fiction ne me parlait pas du tout, j'étais déjà en plein dans un roman de science fiction au quotidien. Restaient donc les romans policiers qui avaient bercé mon adolescence dès lors que mon père adoptif m'avait appris à lire. Ils ne parlaient pas tant d'un univers ou d'un autre que de la nature humaine, propre aux deux mondes que j'avais connu, un point commun, une ancre dans le temps et l'espace, un repère dans ma vie compliquée. Oui, je savais pourquoi j'aimais les romans policiers et pourquoi j'avais choisi de devenir psychologue. J'aimais comprendre la nature humaine. Peut être parce que j'avais voulu comprendre la réaction de mon père, son choix, sa décision. Mais plus j'avançais en âge, dans la vie et dans ma compréhension du monde qui m'entourait plus je comprenais qu'il n'avait pas vraiment pris une décision, il avait choisi de ne pas en prendre, il avait fui, il avait été lâche, comme toujours. Quand j'avais été en âge de comprendre pourquoi il boitait, pourquoi on l'appelait lâche, il m'avait expliqué, avec des mots si différents de ceux de ma mère. Là où elle n'était qu'amertume et rancœur il m'avait dit qu'il avait fait cela à cause d'une rousse et des vaches et il s'était embrouillé dans son histoire, mais globalement l'idée était qu'il avait voulu rester à mes cotés et que al guerre ne lui en aurait pas laissé la chance. D'une certaine façon je pensais, alors, qu'il fallait du courage pour se détruire le pied à coup de masse, juste pour être avec son fils. Et quand il avait eu l'occasion d'être avec moi, à nouveau, devenir dans ce monde, il avait choisi la sécurité, ce qu'il connaissait, le pouvoir, la magie. Je comprenais maintenant que sur le champ de bataille aussi il avait choisi la sécurité d'un univers connu, son village, sa maison, le lit conjugal plutôt que l'incertitude d'un champ de bataille inconnu.

Mais quand je fuyais vers l'avant comme je l'avais toujours fait, j'étais lâche aussi, l'inconnu était mon refuge car il ne nécessitait pas de s'attacher, de créer des liens, à ma façon je m'enfermais dans un inconnu sécurisant car l'idée d'entrer dans une routine, de connaitre quelqu'un, de perdre quelqu'un, m'était insupportable. J'étais lâche aussi, comme tant de gens.

Je souris en dégustant mon thé avant de poursuivre :

"En ce moment voyez je lis un Agatha Christie, les dix petits nègres, il m'a valu une nuit blanche. Une nuit à refuser de tourner els pages tant que je n'avais pas tous les indices en tête, à prendre des notes sur un carnet pour tenter de déméler tout cela....Je n'ai toujours pas avancé d'ailleurs, je n'arrive pas à comprendre qui les a tué et j'ai vraiment envie de le découvrir par moi-même, pas en tournant les pages....Je crois que je suis un peu obsessionnel dès qu'on en vient aux mystères et aux énigmes"

Je souris légèrement. Si l'histoire est vraie, quoiqu'elle ne date pas d'hier mais d'un peu avant, elle a surtout pour but d'amener la conversation sur l'insomnie, la jeune fille semble fatiguée et a les yeux cernés. Elle semble aussi légèrement obsessionnelle avec les détails, comme si elle était, devait être, une petite jeune fille parfaite et bien rangée. C'était courant, surtout chez des étudiants sérieux et réussissant leurs études, mais cela pouvait devenir une source de stress et les empêcher de dormir, les menant dans une spirale vicieuse qui ne terminait jamais bien. C'était étrange de voir que des défauts normaux et communs à bien des gens pouvaient, un jour, sous une impulsion quelconque, devenir des handicaps réels et prenants. Faire attention aux détails pouvait faire de vous un être tout à fait normal et travaillant extrêmement bien dans certaines branches, mais ajoutez à cela un léger traumatisme et vous devenez Monk. L'intelligence, le génie, pouvaient être des atouts mais les génies s'ennuient vite et comme Holmes ont tendance à se réfugier dans la drogue ou d'étranges obsessions pour occuper leur esprit. Il n'y a parfois qu'un pas de fourmi entre un défaut tout à fait normal et banal et un problème psychologique nécessitant une aide extérieure.



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Ven 29 Mar 2013 - 19:10

 
    





You have to be half mad to Dream Me Up
Jane & Aidan


ONCE UPON A TIMERPG.

Aidan était véritablement quelqu'un de reposant. Jane en était convaincue. Sirotant son thé, appréciant l'arôme fort danser sur son palais et éveiller ses sens, elle finit par complètement oublier les raisons de sa venue. Enfin, oublier est un bien grand mot. En réalité, elle ne pouvait pas s'empêcher d'y penser continuellement. A ses rêves d'une part, mais à ces impressions de déjà-vu, signe certainement avant coureur de la folie d'après elle. C'est pour ça qu'elle était là, face à Aidan : pour lui prouver qu'elle n'était pas folle.

Le matin Jane se réveillait toujours aux aurores. Glacée par la couche de sueur qui recouvrait son corps, le souffle court et douloureux. A chaque fois, son rêve était le même. A chaque fois, elle savait qu'elle ne pourrait pas lutter. A chaque fois, elle n'arrivait pas à se réveiller. A chaque fois, elle se sentait un court instant très heureuse, en plein cœur même de son rêve – mais là alors, que ce passait-il ?  - avant de se sentir comme avec le cœur arraché, perdue au bord d'un gouffre de désespoir. A chaque fois, elle se réveillait avec l'impression d'avoir tout perdu – oui, tout perdu. Mais quoi ? - en larmes.

Et elle avait cette étrange impression. Celle d'être une inconnue dans sa propre vie.

Quand le psychologue prononça le mot « mystère », elle eut une sorte de réaction et releva la tête de sa tasse de thé. Son regard, perdu, vient rencontrer le sien. C'était ça le mot. Le mot qu'elle cherchait pour mettre un mot sur ses impressions : « mystères ».

Jane se passa une main dans ses longs cheveux blonds, brusquement gênée. Elle réfléchit pendant un temps, essayant de trouver les mots justes. Le temps passait, un coup d’œil à l’horloge du bureau lui fit s'en rendre compte. Et elle voulait soulager ses pensées embrumées avant de retourner travailler.

 - Moins le quart, murmura-t-elle pour elle même.

 - Je.. Vous devez entendre ça souvent mais je crois que je suis folle. J'ai peur de dormir le soir. C'est notamment pour ça que je lis beaucoup et que j'étudie tout autant. Je crois que j'ai peur.. Oui, peur. De mes rêves. Ce sont toujours les mêmes. Enfin.. Le même. 

Jane se mordit la lèvre et posa la tasse de thé devant elle. Elle n'osait plus regarder Aidan. Elle n'avait pas honte non -enfin si un peu sur les bords-, elle craignait que quelque chose n'aille pas bien chez elle.

 - C'est comme.. Mes souvenirs. Je ne me souviens pas. Enfin, je ne me souviens pas de ma vie d'avant mon arrivée ici. Je ne sais même pas quand je suis arrivée ici ! Je ne me souviens pas quand j'ai vu mon père pour la dernière fois. Je ne me souviens pas de Londres. J'ai juste des.. Impressions ? 

Elle commençait à s'embrouiller dans ses propos et garda donc ensuite le silence.

Oui. Elle devait être folle. C'était évident.











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You would have to be half mad to dream me up.
Lun 20 Mai 2013 - 18:19

 
    

[quote="Aidan Cillin"]
Jane & Aidan
J'
écoutais attentivement, la laissant finir, laissant même un blanc après qu'elle eut fini pour être sur qu'elle ne souhaitait rien ajouter. Nombre de gens croient qu'il convient de poser des questions, de compatir, de parler avec l'autre pour qu'il se confie, mais la vérité c'est que les gens rêvent de se confier pour peu que vous ne leur donniez pas l'impression de leur tirer les vers du nez ou de vouloir les torturer. De fait il suffit d'être silencieux, attentif, de hocher la tête ou de sourire au bon moment pour que les gens disent tout ce qu'ils ont à dire. Et ce n'est que lorsqu'ils vous y invitent, plus ou moins implicitement, que vous pouvez prendre la parole.

"Vos souvenirs sont flous mais vos rêves précis ? Étrange en effet, pas inédit cela dit. J'ai vu un tel cas, une jeune femme qui avait été kidnappée très jeune par une mère désespérée de n'avoir pas d'enfant, en grandissant elle se mit à rêver d'une femme qui la prenait dans ses bras, il s'avère qu'elle se souvenait de sa mère, un souvenir enfoui et inconscient...."

Je souris légèrement, son cas est, manifestement différent, ce sont ses souvenirs récents qui sont touchés, enfin pas récents du jour mais tout de même pas des souvenirs de petite enfance. Un cas de schizophrénie légère ? C'est peur probable, certes elle semble avoir une manie du contrôle qui pourrait s'expliquer alors mais les schizophrènes ont rarement du flou dans leurs souvenirs, c'est soit un trou noir complet soit quelque chose de très détaillé et totalement faux qu'ils ont inventé. A dire vrai le flou est très rare dans le cerveau humain, il n'aime pas cela, il comble toujours les trous de son mieux, voilà pourquoi nos rêves semblent se suivre presque logiquement, en réalité nous ne rêvons que de quelques images et au matin quand on se rappelle noter rêve le cerveau tisse entre eux des liens, une trame, une histoire qui sans être réaliste présente une certaine logique. Le cerveau n'aime ni le flou ni les trous, c'est son principal défaut, il les remplit avec des inepties si nécessaire mais il supporte mal l'incertitude.

"Voudriez-vous me raconter vos rêves ? Peut être votre mémoire tente-t-elle de vous dire quelque chose, le rêve n'est jamais qu'un portail vers nos souvenirs"

Un portail des plus intimes et que l'on ne partage pas avec n'importe qui, cela dit. Ferait-elle ce pas, ce saut en avant vers l'inconnu? Jane semblait me faire confiance, j'ai toujours inspiré cela aux gens, la confiance, je ne sais pas ce que je fais de particulier en ce sens, mais j'éveille chez eux un sentiment de sécurité. Peut être mon aura ? Peut être mon coté...étranger ? Qu'importe. Je regarde Jane tout en nous resservant du thé.

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